« Si j’ai pu le faire, tout le monde peut le faire » Maëva

19 Jan 2026 | Formation

Maëva ne parle ni de performance ni de talent. Elle parle de doutes, de travail, d’accompagnement et de confiance qui se construit peu à peu. Ancienne aide-soignante, sans bases en dessin, Maëva avance avec humilité, et persévérance.

Elle a eu la gentillesse de répondre à mes questions, avec le sourire !

Bonjour, qui es-tu ?

Je suis Maëva, j’ai 35 ans et je suis originaire de Haute-Savoie. J’ai été aide-soignante pendant 12 ans. J’ai terminé mes dernières années au bloc opératoire, en chirurgie plastique et reconstructive, en tant qu’aide-soignante. Suite à des problèmes de santé, ce poste devenait compliqué pour moi. J’ai donc commencé à réfléchir à une éventuelle reconversion.

J’avais envie d’imbriquer plusieurs notions. Je suis très créative, j’aime beaucoup faire des choses de mes mains. J’avais aussi envie de garder ce côté soin et ce public que je côtoyais énormément au bloc opératoire, qui sont les femmes atteintes d’un cancer du sein, en amont et dans les étapes de reconstruction.

Comment est née ton envie de te reconvertir dans la dermopigmentation ?

Petit à petit, ma passion pour le tatouage s’est ajoutée à tout ça. Tout s’est imbriqué progressivement. Suite à des recherches sur Internet, je suis tombée directement sur la formation Audrey Rojo. Je me suis dit que c’était une bonne idée, qui permettrait de caler tous ces aspects-là.

Le dessin te faisait-il peur en débutant la formation ?

Oui, clairement. Je suis très nulle en dessin et c’était ma grande inquiétude en débutant la formation. On a eu un super accompagnement de la part de Florence avec les cours. Ça m’a demandé un peu plus de travail que les filles qui ont des bases en dessin. Mais il ne faut pas paniquer, c’est totalement faisable. Si moi j’ai pu le faire, tout le monde peut le faire.

Quel était ton rapport au dessin et au tatouage avant la formation ?

Je n’ai jamais vraiment trop dessiné, ou seulement des choses très basiques. Je dessinais pas mal quand j’étais jeune, puis j’ai complètement arrêté. Quand je parle de ma passion pour le tatouage, c’est parce que je suis une grande fan de tatouage artistique et que j’en ai énormément. J’avais aussi envie de me diriger petit à petit dans ce domaine-là.

Quelles sont, selon toi, les qualités nécessaires pour réussir ?

La vision, avant tout. Il faut savoir voir les choses, les ombres, les lumières. Ça se développe et ça se travaille. Et surtout, il faut persévérer. J’ai beaucoup persévéré, surtout au début de la formation. Comme le dessin était compliqué pour moi, c’était frustrant. On a notre modèle, mais pas encore les compétences techniques pour y arriver.

Plus on progresse, plus on met du détail, de la finesse, et plus on se rapproche du modèle. Ça fait du bien. Au début, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a, puis petit à petit, on nous donne la boîte à outils pour faire de mieux en mieux. Il y a eu une phase compliquée pour moi, parce que je n’arrivais pas au niveau que j’aurais souhaité. C’était frustrant, mais il faut continuer. Très vite, on dépasse ce cap-là.

Comment t’organisais-tu pour t’entraîner pendant la formation ?

J’essayais de faire au minimum une aréole par semaine. C’était vraiment le minimum. Par jour, c’était délicat, parce que je faisais pas mal de pauses quand je ne voyais plus rien. Florence le dit aussi, il ne faut pas hésiter à faire des pauses, à aller se balader, pour revenir avec un œil plus neuf.

Au tout début, je passais bien trois heures sur une aréole. Chaque semaine, vraiment.

Qu’est-ce qui t’inquiétait le plus au départ ?

La partie dessin. La partie théorique, non, pas du tout. J’ai toujours été très scolaire et je savais que ça allait aller, même sans cadre imposé. On est responsable de notre propre organisation. Je n’avais pas peur de ne pas m’y mettre suffisamment pour la théorie. Mon inquiétude, c’était vraiment le dessin.

Je savais d’où je partais, avec un niveau très basique. Je me disais que pour arriver à faire du réalisme, du trompe-l’œil, il y avait une grosse étape à franchir. On n’y arrive pas en claquant des doigts. Il y a eu du travail, des heures passées, des moments de doute et de découragement, mais on y arrive.

Comment as-tu vécu l’expérience humaine de la formation ?

C’était une super expérience humaine. J’ai passé 15 jours formidables. Le groupe de filles était génial. On pouvait s’entraider, en discuter le soir. Le fait de pouvoir loger sur place facilite énormément la vie. On n’a pas la contrainte de la route et on peut vraiment se concentrer sur la formation.

Que penses-tu de la partie pratique de la formation ?

J’ai adoré la pratique sur mannequin. Je trouve que c’est une vraie chance. En sourcils, on en a fait un à deux, puis chacun avait son propre modèle. Pour moi, c’est vraiment super.

Après, il faut se donner un petit coup de pied pour y aller seule, parce que quand Audrey est derrière nous, on est rassurées. Il faut oser se lancer. Pour les aréoles, on a vu des corrections de cicatrices sur de vrais modèles. Ça permet de voir la complexité des choses.

On a aussi tatoué sur des aréoles en peau synthétique. C’est dur, on voit du orange partout. Ça permet d’appréhender le rendu des encres sur la peau synthétique et sur la peau humaine.

Comment te projettes-tu après la formation ?

Maintenant, il va falloir travailler seule à la maison pour consolider tout ça, prendre confiance et construire mes propres repères. On a les repères d’Audrey, mais on doit aussi créer les nôtres. La formation était très dense, mais on repart avec tout ce qu’il faut.

Les journées sont intenses, mais on apprend énormément. Je repars sereine avec une certaine appréhension de me lancer seule, mais j’ai vu tellement de choses que ça va énormément m’aider.

Quel conseil donnerais-tu pour se lancer après la formation ?

Je pense qu’il ne faut pas trop attendre pour se lancer, sinon la peur peut s’installer. On travaille sur des personnes, sur des êtres vivants, dans des zones très visibles, que ce soit pour le maquillage permanent, les cicatrices ou les aréoles. Ce sont des personnes qui ont déjà souffert et qui sont complexées, donc on se dit qu’on n’a pas vraiment le droit à l’erreur.

Mais comme le dit Audrey, c’est difficile de faire pire que ce qui existe déjà. On ne peut qu’apporter du mieux. Et puis, savoir qu’ Audrey est là en backup, c’est très rassurant.

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